Certains pays, comme l’Allemagne, la France, les Pays-Bas ou le Danemark, soutiennent cet objectif, à condition qu’il s’accompagne de mécanismes de financement clairs et d’un soutien renforcé aux secteurs industriels. D’autres, notamment en Europe centrale et orientale, s’inquiètent des coûts économiques et sociaux d’une transition trop rapide.
Des enjeux économiques et sociaux en toile de fond
Les divergences reflètent les inégalités entre les États membres en matière de dépendance aux énergies fossiles, de capacités industrielles et d’investissements dans les énergies renouvelables. Les pays de l’Est, encore fortement dépendants du charbon, craignent un impact sur l’emploi et la compétitivité de leurs entreprises.
Les secteurs les plus concernés – sidérurgie, ciment, chimie, transport – demandent des garanties pour éviter les délocalisations et préserver l’emploi. Le débat met en lumière la difficulté de concilier ambition climatique et cohésion économique au sein de l’Union.
Vers une négociation tendue entre États membres
La présidence belge du Conseil de l’Union européenne espère faire avancer le dossier au cours du printemps. Mais les négociations s’annoncent complexes. Chaque État membre devra peser entre ses engagements climatiques, ses réalités industrielles et la pression croissante de l’opinion publique et des scientifiques.
Certains pays plaident pour des objectifs différenciés, tenant compte des situations nationales. D’autres appellent à une approche commune pour éviter les distorsions de concurrence et garantir la crédibilité de l’action européenne.
Un signal attendu à l’international
L’objectif 2040 sera aussi scruté au niveau mondial. L’Union européenne entend rester un moteur dans la lutte contre le changement climatique. Une cible ambitieuse renforcerait son leadership, notamment dans les négociations climatiques prévues en 2025.
Mais une ambition européenne crédible passe par des actions concrètes, un accompagnement des transitions, et une solidarité renforcée entre les États membres. Faute d’accord solide, l’UE risque d’affaiblir sa position dans les discussions internationales, et de perdre la confiance de ses citoyens.