Climat : 2024, année noire marquée par 152 catastrophes extrêmes dans le monde

Climat : 2024, année noire marquée par 152 catastrophes extrêmes dans le monde
Chaleur record, catastrophes en série et déplacements massifs : le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale tire la sonnette d’alarme sur une crise climatique sans précédent.

2024 restera gravée dans l’histoire climatique comme l’année de tous les excès. Températures hors normes, multiplication d’événements extrêmes, populations déplacées par centaines de milliers… Le dernier rapport annuel de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), publié le 19 mars, dresse un constat glaçant : jamais la planète n’a connu une telle intensité de bouleversements climatiques. En tout, 152 événements météorologiques extrêmes ont été recensés, un record depuis la création de cet observatoire mondial.

Une année globalement surchauffée

D’après les relevés de l’OMM, la température moyenne mondiale a dépassé de plus de 1,5 °C les niveaux préindustriels, franchissant symboliquement le seuil de référence fixé par les accords de Paris. Il s’agit de l’année la plus chaude depuis que des relevés fiables existent, soit depuis plus de 175 ans. Cette chaleur excessive s’est traduite par des vagues de chaleur exceptionnelles aux quatre coins du globe.

L’Australie a enregistré une température de 49,9 °C dans le comté de Carnarvon, un pic historique. L’Iran n’a pas été épargné, avec 49,7 °C à Tabas, tandis que le Mali a vu le thermomètre atteindre 48,5 °C, provoquant des conditions de vie extrêmes. Même des pays plus tempérés ont souffert : au Japon, Tokyo a connu 36,6 °C en juillet, frôlant les 40 °C dans les régions avoisinantes.

Des catastrophes naturelles à répétition

Au-delà des températures, les manifestations violentes du dérèglement climatique se sont multipliées : cyclones tropicaux, inondations dévastatrices, sécheresses prolongées. Le rapport de l’OMM révèle que plus de 800 000 personnes ont été déplacées en 2024 en raison de ces phénomènes, un chiffre jamais atteint depuis seize ans.

Les crues soudaines au Pakistan et au Brésil ont ravagé les terres agricoles, compromettant les récoltes et la sécurité alimentaire locale. Le Sénégal, de son côté, a vu des pluies diluviennes emporter des milliers d’habitations, plongeant de nombreuses familles dans la précarité. Aux Philippines, six typhons se sont abattus en l’espace d’un mois, un enchaînement particulièrement rare. Et le Vietnam a subi de plein fouet les assauts du typhon Yagi début septembre, causant des millions de sinistrés.

Une alerte claire de la communauté scientifique

Pour la secrétaire générale de l’OMM, l’Argentine Celeste Saulo, ces chiffres sont un “avertissement clair” sur la gravité croissante de la crise climatique et ses conséquences sur les populations et leurs moyens de subsistance. “Les risques climatiques s’intensifient et deviennent de plus en plus ingérables si nous ne changeons pas de cap immédiatement”, a-t-elle déclaré.

Même son de cloche du côté de Davide Faranda, chercheur impliqué dans le projet européen ClimaMeter, qui analyse les phénomènes météorologiques extrêmes. Il rappelle l’importance capitale de chaque fraction de degré dans le réchauffement global : “Chaque dixième de degré compte. Les décisions prises aujourd’hui conditionnent le climat de demain.”

L’empreinte humaine indéniable

En novembre 2024, une étude exhaustive menée par le site spécialisé CarbonBrief avait déjà jeté une lumière crue sur les origines de ces catastrophes. En examinant plus de 600 études scientifiques, les chercheurs avaient conclu que 83 % des événements climatiques extrêmes des dernières années étaient directement liés à l’activité humaine : émissions de gaz à effet de serre, déforestation, surconsommation énergétique…

Les effets de ce dérèglement ne sont plus abstraits. Ils s’incarnent désormais dans les vies brisées, les territoires détruits, les réfugiés climatiques de plus en plus nombreux, et les crises humanitaires à répétition.

Une course contre la montre

Alors que les négociations internationales peinent à trouver des accords à la hauteur de l’urgence, le rapport de l’OMM agit comme un électrochoc. Il ne s’agit plus de prévenir une crise future, mais bien de faire face à une crise déjà en cours. Les objectifs de réduction des émissions doivent être renforcés et accélérés, sous peine de voir l’année 2024 devenir la norme de demain.

La planète chauffe, les catastrophes se multiplient, et les signaux d’alarme ne manquent pas. Reste à savoir si les dirigeants mondiaux auront le courage d’agir à la hauteur de l’enjeu.